La Garde-Adhémar, approche historique : 

Club UNESCO de La Garde-Adhémar 4 février 2020 

 Le bourg actuel, en bordure du plateau calcaire dominant la plaine de Pierrelatte, a conservé sa structure médiévale et ses enceintes. 

Cliquer pour la bibliographie 


Époque romaine

Cette plaine a été colonisée à l'époque romaine (Ier siècle ap. J.C.). Comme l’indique le cadastre romain d’Orange, la plaine était colonisée par les vétérans des légions romaines tandis que les Gaulois Tricastins étaient rejetés sur les collines. 

La grande voie romaine, la via Agrippa, passait au pied de la colline. 

Les prospections archéologiques récentes ont révélé de nombreuses traces d'occupation humaine, en partie liée à une activité viticole.

 

Une stèle funéraire romaine du IIe siècle est conservée à l’entrée de l’église de La Garde.


Le Val des Nymphes

Le Val des Nymphes : la source

A 2 km du bourg, le site du Val des Nymphes a attiré les hommes en raison de la présence de sources permanentes.  


Le Val des Nymphes : autel

 On y célébrait les Mères Nymphes, déesses de la fécondité et de la fertilité.  

Culte dont témoignent le petit autel votif déposé à l’église Saint-Michel du village et le toponyme. 

Le Val des Nymphes : église Notre-Dame

Sur ce site, des recherches archéologiques et historiques ont mis en valeur l’existence d’un important habitat médiéval (Ve-XIIIe siècles) et de quatre églises. Seule demeure, aujourd’hui l’église romane Notre-Dame.
Aquarelle par J.J.B. Laurens 1854

L’église du prieuré Notre-Dame dépendante de l’abbaye bénédictine de Tournus en Bourgogne  est un remarquable édifice roman provençal (seconde moitié du XIIe siècle) fortement influencé par l’art antique.
Du fait de l’abandon du site, l’habitat et trois des églises du Val des Nymphes (Saint-Martin, Saint-Pierre, Saint-Roman) ont disparu tant du paysage que de la mémoire collective.
L’église Notre-Dame régulièrement entretenue jusqu’à la Révolution, se dégrade au XIXe siècle, puis est restaurée en 1991. 

Le castrum de La Garde à l’époque médiévale

Ce n’est qu’au Xe ou XIe siècle que fut implanté sur l’éperon rocheux le castrum de "La Garde". Ce nom souligne les fonctions de défense et de surveillance de la vallée du Rhône et de l’entrée du Val des Nymphes.

Une première enceinte (fin XIe siècle) protège les édifices vitaux : les éléments du château seigneurial, l’église Saint-Michel et quelques habitations. 

 

Aux XIIe-XIIIe siècles, les populations paysannes du Val des Nymphes attirées par le renforcement du pouvoir seigneurial de la famille des Adhémar, s’installent autour de la première enceinte du castrum de "La Garde", ce qui nécessite la construction d’une seconde enceinte.

 Les études archéologiques récentes sur le castrum ont mis en évidence l’existence entre le XIe et le XIVe siècle :

Tour défensive 
en partie arasée aujourd’hui (entrée actuelle de la salle Henri Girard).

 Salles de réception (aula) destinées à l’exercice du pouvoir et de la justice. Subsiste une remarquable fenêtre géminée romane du XIIe siècle (unique dans la moyenne vallée du Rhône) (détail de la photo ci-dessus)

Logis seigneuriaux 
un ancien et vaste cellier devenu salle des fêtes. 

Chapelle castrale Saint-Michel 
devenue église paroissiale au début du XIIe siècle. 

L’église paroissiale Saint-Michel

 L’église paroissiale Saint-Michel

L’église paroissiale Saint-Michel, originale par sa double abside, est un bel exemple de l’art roman provençal du milieu du XIIe siècle. Le premier étage du clocher conserve des éléments romans tandis que le second étage et la flèche ne furent élevés qu’en 1850.

L’église est remarquable par son élévation et sa verticalité. On peut observer la coupole sur trompes.

Marque lapidaire 

Belle fenêtre axiale romane
sur la façade occidentale. 

Antoine Escalin et son château Renaissance 

 Au XVIe siècle, Antoine Escalin, un enfant du pays , homme de guerre, ambassadeur, général en chef des galères royales, seigneur du lieu de 1543 à 1578. Peinture fin XVIe siècle

Il fit édifier un magnifique château Renaissance.
Etat en 1793

Château Renaissance démantelé après 1803.
Lithographie 1854

Quelques vestiges remarquables

La Chapelle des Pénitents blancs

A l’image des villages provençaux et dauphinois, fut créée une confrérie de Pénitents blancs en 1629. 
Elle accueillait les habitants qui souhaitaient répondre à de nombreuses exigences dévotionnelles et morales. Dans une solide confraternité, l’habit effaçait les différences sociales. 

La chapelle des Pénitents, située près de l’église Saint-Michel, conserve une grande peinture murale du XVIIIe siècle évoquant les pratiques dévotionnelles.

La vie du village

Elle fut, pendant des siècles, rythmée par les activités agricoles  et artisanales. Une grande partie de la population se serrait dans l’habitat perché, tandis qu’une minorité était dispersée dans les hameaux et les fermes seigneuriales ou bourgeoises.

En 1789, les propriétés roturières occupaient 80 % du territoire tandis que les terres nobles s’étendaient sur 20 % qui intégraient les parcelles les plus fertiles et les plus facilement irrigables. 

Elevage 

Un troupeau de 
chèvres

Viticulture

Les vendanges

Cultures

Battage du blé sur une aire sur la plateau des Montjars

Cultures

Battage mécanique du blé sur le plateau des Montjars

Artisanat

Le cordonnier

Au XIXe siècle, les fermes se rapprochent des terres agricoles et se multiplient dans la plaine et les collines.

Du déclin au renouveau 

Après 1870, l'exode rural accélère le déclin du bourg perché où de nombreuses maisons tombent en ruine. En un siècle, la commune passe de 1260 habitants en 1860 à 504 en 1954.

Bouleversements 

du XXe siècle

Depuis les années 1960 

Le développement des activités nucléaires en Tricastin a permis une croissance démographique, d’où une réhabilitation de l'habitat ancien et un développement de nouveaux lotissements. La population est aujourd'hui stabilisée : 1077 habitants en 1982, 1107 en 2020.

La physionomie du bourg ancien perdure grâce aux aménagements des propriétaires privés et à l’action des Municipalités successives. En 1968, une vaste place a été dégagée au cœur de l’habitat ancien.

Mairie

Depuis 2017, la Mairie  est installée dans de beaux bâtiments médiévaux. 

La restauration de la nouvelle Mairie a mis en valeur les voûtes romanes et une très belle et vaste salle devenue salle du Conseil et des mariages .

La restauration a permis de découvrir une armoire murale du XIIe siècle, 

ainsi qu'une fenêtre gothique.